Le clitoris occupe une place importante dans nos histoires d’accouchement. Il pourrait être un allié précieux pour nous aider à surmonter la douleur mais on ne le dit pas assez. Au contraire, il est le plus souvent victime d’actes pratiqués à titre préventif.

Accoucher dans le plaisir

Stimulation du clitoris pendant l’accouchement

Orgasme et accouchement, voilà deux mots qu’on n’imagine pas assembler dans une même phrase et pourtant, aussi inouï que cela puisse paraître, ça existe. Les femmes qui en font l’expérience n’osent pas toujours en parler, de peur de choquer l’entourage et surtout parce que cette information ne circule pas lors des cours de préparation à la naissance.

Masturbation

Pendant le travail, lorsque les contractions s’intensifient, certaines femmes vont naturellement porter la main à leur vulve et, constatant un soulagement par cette douce pression, vont instinctivement commencer à se caresser. Ce geste augmente la production de deux hormones :

  • L’ocytocine, hormone de l’amour par excellence, dite aussi hormone d’éjection, qui va optimiser les contractions utérines (rendre le travail plus efficace) et favoriser le lien d’attachement mère-enfant.
  • L’endorphine, un antidouleur naturel, qui provoque une sensation de profond bien-être, voire une euphorie,

D’où la diminution, voire la suppression de toute sensation douloureuse.

Témoignage

Phase d’expulsion : l’orgasme ?

Le fœtus qui arrive à la sortie du vagin comprime le clitoris ; son mouvement de va-et-vient, dû au contractions, provoque une stimulation clitoridienne au niveau des bulbes. Cela peut donc provoquer chez la femme des sensations très similaires à la pénétration lors des rapports sexuels.

Environnement

Pour qu’un orgasme puisse émerger lors de l’accouchement, de même qu’en faisant l’amour, cela nécessite que la femme s’abandonne à ce qu’elle vit dans l’instant présent.

Ce phénomène nécessite un environnement calme, chaleureux (tant au niveau de l’ambiance que de la température) et sûr, pour favoriser la production de ces hormones qui entrent en jeu lors de la naissance. Rien d’étonnant donc à ce que l’on parle plus facilement d’accouchement orgasmique lors des naissances à domicile plutôt qu’en maternité, où l’intimité est plus fragile et difficile à conjuguer avec les protocoles hospitaliers.

De l’instinct à la méthode : quand les sages-femmes en font une préparation à la naissance

Dès lors, peut-on volontairement donner naissance à nos enfants en jouissant ?

Cela reste une notion controversée : l’accouchement est un processus physiologique naturel qui ne nécessite à la base aucune intervention. Or, si la femme envisage la possibilité de donner naissance à son enfant en jouissant, comme une méthode d’accouchement à part entière, elle crée une interférence à ce processus.

Toutefois, des sages-femmes américaines considèrent la naissance orgasmique comme une technique d’accouchement à la portée de toutes les femmes qui le souhaitent et proposent des séances pour s’y préparer. L’accouchement est considéré comme un acte sexuel à part entière et pour cause, c’est bien par notre sexe que nos bébés viennent au monde ! Les couples apprennent à recréer les conditions similaires à l’acte amoureux : pénombre, chaleur, contact physique par les caresses et les baisers, intimité… Subtilement le couple glisse de la méthode vers une gestuelle plus instinctive qui n’est alors guidée que par leurs émotions et la magie peut opérer.

source : orgasmicbirth

Les complications possibles

Déchirure clitoridienne

Définition : Lésion vulvaire antérieure, de cause obstétricale, le plus souvent unilatérale intéressant les branches latérales du clitoris.

source : dictionnaire médical de l’académie de médecine

Ainsi, lors de l’accouchement, il arrive que l’étirement de la vulve engendre une déchirure du clitoris au niveau du gland, du capuchon ou des branches latérales logées dans les grandes lèvres. Cette lésion peut avoir lieu en fonction de 3 facteurs contextuels, à savoir :

  • La position de la mère
  • L’effort expulsif
  • La présentation du bébé

Traitement : Le plus souvent superficielles, ces déchirures nécessitent quelques points de sutures effectués juste après la naissance. Lorsque ces déchirures sont mineures, on parle d’éraillures. Elles ne nécessitent aucune prise en charge spécifiques et cicatrisent d’elles-mêmes en quelques jours.

Episiotomie / Clitorotomie :

Définition :  Intervention chirurgicale qui consiste à sectionner les muqueuses vaginales et les muscles superficiels du périnée afin d’agrandir l’orifice de la vulve et de faciliter l’expulsion du fœtus lors de l’accouchement.

source : Larousse

C’est l’acte chirurgical le plus pratiqué sur les femmes, puisque près d’une primipare sur 2 (44%) subit une épisiotomie lors de son accouchement.

source : épisio.info

Traitement : L’épisiotomie, souvent longue de plusieurs centimètres, nécessite des points de suture. Pour cela la femme devrait pouvoir, si elle le souhaite, bénéficier d’une anesthésie locale afin d’éliminer la douleur occasionnée.

Ce qu’il faut savoir :

  • Anne Frye, sage-femme américaine engagée, s’insurge contre les protocoles hospitaliers abusifs et dénonce cette pratique comme une mutilation sexuelle ; elle propose une autre terminologie, afin de replacer cet acte dans sa juste représentation étymologique de ce qu’il est : clitorotomie, soit clitoro = clitoris / tomie = coupure.
  • Les études scientifiques : aucune n’a permis de prouver l’efficacité du recours à l’épisiotomie dite « libérale ». Cependant, elle reste à l’appréciation de l’accoucheur.
  • Ce que dit la loi : «Aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment. » Article L1111-4 code de santé publiqueAutrement dit : une femme doit être avertie de la volonté de l’accoucheur de pratiquer une clitorotomie sur sa personne et elle est en droit de la refuser.
  • Vous trouverez toutes les informations utiles concernant l’épisiotomie sur le site: episio.info