Parler de sexualité aux enfants semble déjà un exercice complexe pour beaucoup de parents ; alors parler du clitoris peut rajouter un niveau de difficulté supplémentaire ! Ce n’est pas dans nos habitudes d’utiliser ce mot-là.

« Maman, pourquoi les garçons ont un zizi et moi j’ai rien ? »

Que de questions que nous pouvons redouter parce qu’au-delà du corps, en filigrane, se profile la thématique de la sexualité. Nous analysons leurs demandes avec nos repères d’adultes. C’est oublier qu’ils ne sont motivés que par leur curiosité primaire, leur envie de comprendre « comment ça marche ».

Un temps d’introspection

Si nous ressentons de la gêne, c’est une bonne occasion de prendre un temps de réflexion pour en trouver les sources : sommes-nous à l’aise avec notre propre sexualité ? Finalement, connaissons-nous si bien que ça notre corps et celui du sexe opposé ? Parfois, en parler avec son entourage (amical ou familial) peut nous aider à réfléchir sur nos fondements, notre pudeur (ou pas), nos tabous (ou pas) Avec quel sujet finalement sommes-nous mal à l’aise ? Ce temps d’introspection peut aussi nous permettre de faire le point sur les valeurs que nous souhaitons transmettre.

Le bon moment

Plus nous serons sincères et authentiques, plus le message délivré aura du sens pour nos enfants. De ce fait, il est normal de ne pas toujours trouver les mots justes au moment où les questions tombent. En fonction de son degré de maturité, nous pouvons tout-à-fait expliquer à l’enfant que ses interrogations sont légitimes et qu’elles méritent une attention particulière et que de ce fait, nous préférons remettre ce temps d’échange à un moment où nous serons pleinement disponible pour y répondre. Par exemple, nous pouvons répondre à nos enfants : «je préfère qu’on en parle demain, parce que c’est un sujet qui a l’air de t’intéresser et que j’ai envie de prendre le temps qu’il faut pour répondre à toutes tes questions. Ça te dit qu’on en parle plutôt après le goûter ? »).

Pour s’aider

la sexualité expliquée aux parents

 

« La sexualité de l’enfant expliquée aux parents »

Pour celles et ceux qui souhaiteront approfondir la question, voici un ouvrage à la fois abordable et détaillé. Il expose aux parents le développement de la sexualité chez l’enfant ainsi que les enjeux d’un accompagnement juste et éclairé de ce dernier.

 Que peuvent entendre nos enfants ?

Des réponses adaptées à leur maturité

Dès lors que la discussion peut avoir lieu, inutile de se lancer dans des détails dont ils ne comprendraient pas la portée. L’idée, c’est surtout d’essayer de garder en tête la maturité de votre enfant et de lui formuler des réponses à la mesure de ce qu’il est en capacité de comprendre. Pour cela, une astuce efficace qui permet d’engager la conversation est de lui renvoyer la question : « à ton avis, pourquoi les filles n’ont pas de zizi ? ». En même temps que de vous donner des indices sur ses connaissances, votre enfant vous donnera naturellement des éléments sur lesquels vous appuyer pour construire votre réponse, en complétant ou en infirmant ce qu’il sait.

Des images pour compléter votre échange

S’appuyer sur de la littérature enfantine est une bonne idée. Malheureusement le clitoris est encore trop souvent absent des croquis et donc l’information délivrée est incomplète. Toutefois, voici deux ouvrages qui ont retenu notre attention par leur simplicité :

ma sexualité 0 - 6 ans

« Ma sexualité de 0 à 6 ans »

Bien que ce livre soit titré de « 0 à 6 ans », personne mieux que vous ne connaît votre enfant et ce qu’il est en mesure de comprendre. Sentez-vous libre de pouvoir le proposer à un enfant plus âgé !

livre enfant

« C’est ta vie ! L’encyclopédie qui parle d’amitié, d’amour et de sexe aux enfants »

Un livre qui nous a beaucoup plu pour sa simplicité et sa justesse. Il s’adresse aussi bien aux grands enfants qu’aux ados.

Ces deux ouvrages ont pour point commun de proposer des croquis précis de l’anatomie féminine avec le clitoris clairement représenté.

Le sexe féminin existe-t-il vraiment ?

Au-delà de la considération du clitoris, principal objet de notre attention ici, il est intéressant de noter que le sexe féminin est souvent assimilé au néant. Lorsque la petite fille compare son anatomie à celle d’un garçon – et la réciproque vaut tout autant –  elle se trouve déçue de ne rien trouver entre ses jambes qui justifie son identité sexuelle. Dans ce cas, il peut être judicieux d’expliquer que l’anatomie de l’homme et celle de la femme se sont développées dans leur complémentarité. Si l’appareil génital de la femme se prolonge à l’intérieur de son corps, c’est tout naturellement parce qu’il est le nid qui abritera le futur bébé lorsqu’il y aura grossesse. Il existe donc bel et bien, mais en grande partie à l’intérieur du corps.

Pourquoi c’est important de le nommer

Se connaître pour se comprendre

Nous avons tous à cœur d’éduquer nos enfants avec le plus de douceur et de bienveillance qu’il nous est possible de leur offrir. Porter à leur connaissance, lorsqu’ils le demandent, la mécanique de leur corps, c’est leur permettre une meilleure connaissance d’eux-mêmes. Ainsi, sexe, vagin, clitoris, pénis ou testicules ne sont pas des gros mots. C’est aussi les valider dans leurs sensations physiques : ce qui est agréable, ce qui ne l’est pas.

Se connaître pour se protéger

Bien qu’il soit douloureux pour nous de l’envisager, communiquer avec eux sur la sexualité, c’est aussi leur apprendre que leur sexe, tout comme leur corps, leur appartient et qu’il est interdit aux adultes de le toucher, sauf leurs parents ou peut-être un médecin, dans des circonstances qui le justifient. C’est une bonne occasion d’aborder les notions de loi: les rapprochements physiques sont interdits entre adultes et mineurs de moins de 15 ans. En revanche, entre enfants, il n’existe aucune autre règle que celle du consentement. Il est donc important pour eux d’apprendre à savoir dire non quand ils en ressentent le besoin.
Ce sont des informations qui vont les aider à différencier ce qui est bon pour eux de ce qui ne l’est pas et peut-être aussi à mieux réagir face à d’éventuels dangers.

Se connaître pour bien grandir

D’une manière générale, mieux se connaître contribue à renforcer l’estime de soi et la confiance, à savoir discerner ses forces et ses limites et la capacité à les exprimer. Autant d’atouts précieux que vous pouvez décider d’offrir à vos enfants.